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Phishing : des caractères invisibles compliquent certains filtres

Des caractères Unicode invisibles insérés dans des mots financiers ont perturbé certaines détections, mais Microsoft indique que ses protections combinées ont signalé la plupart des messages.

En bref

Le fait essentiel

Microsoft décrit des messages financiers qui insèrent des caractères invisibles dans des mots pour perturber leur détection automatique.

Source et vérification

Source : Microsoft Security ResearchVérifié le 8 octobre 2026 11h00Source publiée le 3 septembre 2026 18h00

Crédit image : Illustration originale générée pour NBForm avec OpenAI imagegenDroits : NBForm

Dans cet article

Résumé

  • Microsoft a observé des caractères Unicode invisibles insérés dans des mots d’appât financiers.
  • Dans une fenêtre courte, Microsoft rapporte plus de 2,3 millions de messages le 11 février 2026; la fenêtre étendue atteint son maximum le 26 février.
  • Plus de 99 % des messages concernés ont été signalés par des protections ne reposant pas directement sur ces caractères.
  • Microsoft recommande de normaliser le texte avant les signatures et de tester les règles dans l’environnement concerné.

Des caractères invisibles insérés dans des mots financiers ont compliqué certaines détections de phishing dans une campagne observée par Microsoft. L’éditeur décrit une parade côté défense : normaliser le texte avant de comparer les messages à des signatures, sans traiter un caractère isolé comme une preuve de fraude.

Le phishing, ou hameçonnage, consiste à tromper une personne pour obtenir des informations ou l’inciter à agir. Dans les messages étudiés, des caractères Unicode invisibles étaient placés au milieu de mots liés au financement. Ils ne ressemblent pas à des lettres ordinaires, mais modifient le texte analysé par un logiciel. Un filtre qui cherche un mot écrit d’un seul tenant peut alors ne pas retrouver la même suite de caractères.

Une technique d’évasion ancienne, réutilisée dans un autre contexte

Microsoft distingue cette pratique des démonstrations d’« ASCII smuggling » popularisées dans les recherches sur les prompts d’intelligence artificielle. Dans ces travaux, des caractères difficiles à voir peuvent transporter une instruction que le modèle traite différemment de ce que la personne croit lire. La campagne décrite par Microsoft ne cachait pas d’instruction à un assistant : elle utilisait les caractères invisibles comme séparateurs dans des mots d’appât.

L’usage de caractères invisibles pour gêner une analyse n’est pas né avec l’IA. La nouveauté rapportée tient à leur emploi dans une campagne de phishing à grande échelle et à leur insertion dans des mots destinés à être reconnus par des filtres.

Les volumes rapportés varient selon la période

Microsoft indique que les détections liées à cette signature ont augmenté à partir du 9 février 2026. Dans une fenêtre courte, l’entreprise rapporte plus de 2,3 millions de messages le 11 février. Sur la période plus étendue, les volumes journaliers de semaine vont de 1 à 2,37 millions, avec un maximum le 26 février. Ces chiffres correspondent à des périodes distinctes dans les relevés de Microsoft.

L’éditeur situe la phase à fort volume sur environ trois mois après le 9 février, avec une forte baisse après le 15 mai. Il observe aussi moins de messages le week-end. Ces chiffres décrivent la télémétrie de Microsoft et la technique suivie par sa signature ; ils ne mesurent pas l’ensemble du phishing dans le monde ni nécessairement toute la durée de la campagne.

Un caractère inhabituel ne suffit pas à conclure

Microsoft rappelle que les caractères invisibles surveillés peuvent aussi apparaître dans des usages légitimes. Leur présence doit donc être interprétée avec le contenu du message et d’autres indices, plutôt que déclencher seule une conclusion de compromission.

Microsoft rapporte que plus de 99 % des messages concernés ont été signalés par des protections combinées qui ne reposaient pas directement sur ces caractères. Ce chiffre, issu des systèmes de l’entreprise, souligne le rôle des couches complémentaires : réputation de l’expéditeur, authentification, analyse des liens et comportements suspects.

Normaliser le texte avant les contrôles

Pour réduire les angles morts, Microsoft recommande de supprimer ou de normaliser les caractères invisibles avant d’appliquer les signatures de contenu. La normalisation transforme le texte en une forme cohérente pour son analyse. L’entreprise conseille aussi de traiter ces caractères comme un signal à examiner, puis de tester les règles dans l’environnement concerné : les résultats dépendent de la manière dont chaque système transforme et découpe les messages.

La même précaution vaut lorsqu’un assistant d’IA reçoit des courriels, des documents ou des pages Web. Nettoyer et normaliser les données en amont peut limiter les écarts entre ce qui semble écrit et ce que le modèle reçoit. Cela complète les contrôles d’accès et la validation humaine, sans les remplacer.

Sources de référence

À retenir

Microsoft a observé une campagne de phishing qui insérait des caractères Unicode invisibles dans des mots liés au financement. Dans sa télémétrie, plus de 99 % des messages concernés ont été signalés par des protections combinées ne reposant pas directement sur ces caractères. Microsoft recommande de normaliser le texte avant les signatures et de tester les règles dans l’environnement concerné.

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